Diversification alimentaire bébé :
comment donner des bonnes habitudes alimentaires
à votre tout-petit ?

Aujourd’hui je reçois Caroline qui a créé le site Edumiam avec une autre maman. Edumiam, c’est un site Internet sur l’alimentation du tout-petit. Il a pour but de rendre plus accessible les recommandations scientifiques sur cette thématique pour nous aider à donner des bonnes habitudes alimentaires à nos enfants dès le plus jeune âge.

Dans cette interview, Caroline donne des exemples de choses peu connues et qu’il serait pourtant intéressant de savoir sur la diversification alimentaire ou par exemple sur les comportements recommandés quand on donne à manger à son enfant pour mettre toutes les chances de notre côté afin que tout se passe pour le mieux.

Alors pour en savoir plus, je vous invite à écouter cet épisode.

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« 7 conseils pratiques pour apaiser votre bébé en le massant »

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Diversification alimentaire bébé : en quoi le site Edumiam peut vous aider ?

– Bonjour Caroline et merci beaucoup d’avoir accepté mon invitation. Est-ce que vous pourriez d’abord présenter un petit peu Edumiam en quelques mots ? On reviendra ensuite dans le détail sur tout ce que vous proposez, mais ça nous permettra déjà d’avoir une première idée de ce que c’est ?

– Bien sûr, bonjour Aurore et merci pour l’invitation. Alors Édumiam, en quelques mots, c’est un expert à portée de main pour aider les jeunes enfants à bien grandir. Donc, c’est une entreprise sociale, qui accompagne, tous ceux qui s’occupent des jeunes enfants. Et donc, forcément les parents, en premier lieu, dans leurs questions du quotidien. En commençant par le sujet clé de l’alimentation infantile. Parce que c’est vrai que l’alimentation, c’est un sujet sur lequel, les parents se posent beaucoup de questions. Notamment, au moment de la diversification alimentaire, quel aliment donner, à quel âge, en quelle quantité, que faire si mon bébé ne veut pas manger de légumes, etc., etc…  Et donc, on a commencé là-dessus mais on se développe progressivement sur d’autres thèmes.

Diversification alimentaire bébé : des informations sûres, mises à jour et validées par un comité d’experts

– Hmm, d’accord. C’est vrai qu’on entend un peu tout et sans contraire sur Internet notamment concernant l’alimentation. Alors, comment, on peut être sûr que ce que vous proposez sur Édumiam, c’est vraiment quelque chose de qualité, surtout que les recommandations changent assez régulièrement.

– Bah, ça c’est un point clé, merci vraiment pour cette question parce que c’est ce qui nous a poussé à créer Édumiam. C’est cette idée de pas forcément de l’information de qualité facilement. C’est vrai qu’aujourd’hui, je crois que c’est 80% des parents qui trouvent la réponse à leurs questions via du mum sourcing, sur les réseaux sociaux avec voilà, comme vous le disiez, tout et sans contraire. En fait on trouve un peu la réponse qu’on cherchait à la question qu’on pose, sans nécessairement que ce soit garantie qualité. Donc nous, ce que l’on a vraiment voulu, c’est de simplifier l’accès à de l’information fiable. Parce qu’aujourd’hui, par exemple sur les sites gouvernementaux, sur manger-bouger.fr, il y a des choses de très grande qualité, mais pas forcément très digestes (sans mauvais jeu de mots), qui font que peu de gens vont les lire. Même dans le carnet de santé, il y a pas mal de trucs mais beaucoup de gens ne le savent pas, ne regardent pas. Et donc, nous, tous les contenus que l’on prodigue avec nos conseils via Édumiam, c’est aligné avec les recommandations officielles du Programme National Nutrition Santé, donc maintenant c’est le PNSS 4, qui est sorti en juin dernier. Et revalidé, enrichi par un comité d’experts, parce que comme vous le disiez, c’est vrai que parfois, il y a des nouvelles études scientifiques, par exemple en matière d’allergies, qui peuvent sortir et c’est le comité d’experts qui nous fera part, des dernières recommandations qui auront été validé par l’ANSES et les instances officielles françaises.

– D’accord, l’ANSES, c’est l’Agence Nationale ?

– Pour la Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail. C’est vraiment l’établissement public français de référence en ce qui concerne la santé humaine, la santé, le bien-être animal et la santé végétale. Ils ont toute une mission de veille, d’expertise et de recherche sur ces thématiques.

Edumiam a été créé par des mamans qui recherchaient ces informations

– D’accord. Du coup, j’imagine que vous avez créé Édumiam parce que cela répondait à un besoin pour vous au départ. Est-ce que vous pourriez expliquer un petit peu ça et puis présenter un peu votre équipe ?

– Ouais, effectivement, comme c’est souvent le cas quand on monte un projet, c’est en partant de son propre besoin et donc, moi j’ai cofondé Édumiam avec une amie d’enfance, Eléonore, au moment, où on a eu nos premières filles, il y a trois ans. Après leurs naissances, on s’est rendu compte qu’on se posait beaucoup de questions, comme je vous le disais précédemment, sur le sujet de l’alimentation infantile. Principalement, au moment de la diversification alimentaire. Et que voilà, on s’est rendu compte que c’est les mêmes questions que se posent tous les parents en réalité. Et que ce n’est pas si simple d’avoir la réponse à ces questions. Au niveau des repères nutritionnels, etc. Surtout que ça change énormément au cours des douze premiers mois de la vie d’un enfant. Et voilà, on s’est dit qu’il y avait clairement quelque chose à faire pour accompagner les parents et simplifier ce processus essentiel, d’autant plus, que c’est un sujet clé pour le développement des enfants.

Un comité d’expert valide les informations sur la diversification alimentaire bébé

– Hmm. Vous parliez d’un comité d’experts, est-ce que vous pouvez en dire un peu plus sur ce comité d’experts ?

– Bien-sûr. Donc on a en comité d’experts, on a différents professionnels, issus de formations assez différentes. On a par exemple une diététicienne nutritionniste, spécialisée gastro de l’hôpital pour enfants Robert Debré. On a deux pédiatres. On a une psychologue pour enfants, c’est important pour tout ce qui est les comportements alimentaires : comment réagir face à différents comportements alimentaires, parce que l’alimentation ce n’est pas juste les quantités et les aliments, ça va bien au-delà. On a tout un panel de professionnels qui grossit un peu au fur et à mesure et qui vient revalider tout ce qu’on sort, proposer des nouveaux contenus, etc., au fur et à mesure.

L’alimentation est un sujet clé pour le développement des enfants

– D’accord. Vous disiez l’alimentation, c’est un sujet clé pour le développement des enfants, en quoi c’est important de bien nourrir son enfant ?

– Oui, effectivement, on sait que l’alimentation souvent est importante. Il y a souvent un très fort lien entre l’alimentation et la santé. Et d’après l’Unicef, la qualité de l’alimentation donnée au cours de la petite enfance est clé pour le développement physique et cérébral d’un enfant avec des impacts tout au long de sa vie d’adulte. C’est-à-dire que c’est clé pour le développement du cerveau, en fonction de certains aliments qu’on peut donner. C’est clé pour la prévention de certaines maladies nutritionnelles qui peuvent apparaître plus tard. Et puis prendre des bonnes habitudes alimentaires pour prévenir des maladies nutritionnelles : on parle de diabète, mais aussi de surpoids et d’obésité. Il faut savoir qu’un enfant qui est en situation de surpoids ou d’obésité a 80% de chances de l’être à l’âge adulte. Et ce n’est pas forcément de son choix lorsqu’il est enfant.

– Hmm, l’idée, c’est de prendre des bonnes habitudes alimentaires dès le début.

– Exactement.

Une formation gratuite sur la diversification alimentaire bébé et pour mettre en place des bonnes habitudes alimentaires

– Est-ce que vous pouvez aller un peu plus en détails sur tout ce que vous proposez sur Édumiam ?

– Alors, on propose différents accompagnements. On a notamment développé un mini-coaching sur application mobile, notre objectif c’est de simplifier l’accès à de l’information fiable, sans avoir nécessairement à lire les informations de grandes qualités des sites gouvernementaux ou autres qui ne sont pas forcément faciles à lire, où on n’a juste pas forcément le temps. Et en évitant de se renseigner uniquement sur les réseaux sociaux. Donc voilà, ça permet de donner les conseils d’experts mais de manière très ludique. C’est une des offres qu’on a mises en place, donc
cette formation sur application mobile.

–  Donc ça c’est accessible gratuitement pour les parents, c’est ça ?

– Oui, alors c’est accessible, grâce à un partenariat avec Teach On Mars. D’ailleurs, aujourd’hui, tout ce qu’on propose pour les parents est gratuit, hormis
un guide et un calendrier papier spécial diversification alimentaire qu’on envoie par la poste. Parce que sur le côté on a une autre activité qui est la vente de formations professionnelles aux professionnels de la petite enfance. Mais on avait à cœur de mettre à disposition à un maximum de parents, nos conseils d’experts ludiques sur l’alimentation infantile pour les aider sur ce sujet clé. Donc ce coaching est gratuit. En fait, on l’a mis à disposition pendant la crise du coronavirus, où à cause du confinement, les parents et surtout les jeunes parents, les primo-parents étaient assez perdus. Ils ne pouvaient pas forcément aller à la PMI, aller voir le pédiatre, avoir les conseils mois après mois. Mais on a décidé, qu’on le laisserait disponible gratuitement après.

– D’accord, donc du coup, concrètement, c’est une application mobile, qu’on peut aussi d’ailleurs lire directement sur son ordinateur aussi, et donc, on a les petits cours en formats vraiment très courts, et puis ensuite des jeux pour voir si on a bien assimilé ce qui nous a été donné, c’est ça ?

– Oui c’est ça. Les formations, l’idée, notre objectif, c’est de pouvoir apprendre en s’amusant. Donc il y a cette combinaison que vous avez très bien mentionnée entre de l’information, du contenu, comme des petits cours, mais toujours assez courts pour ça ne soit pas du tout dans l’idée de lire trop longtemps. Et qui alterne avec des jeux assez rigolos. Donc voilà, les retours aujourd’hui sont très bons, parce qu’on est content de pouvoir regarder cinq minutes par ci, cinq minutes par là et de pouvoir y retourner en fonction. Et d’accéder directement aux informations qui nous intéressent sur les questions qu’on se pose sur les tranches d’âges, les conseils pratiques. Ce qu’on a vraiment travaillé sur l’application, c’est que cette combinaison de théories et de jeux permet bien d’ancrer l’apprentissage. Parce qu’on entend beaucoup souvent qu’on lit plein de trucs, on a énormément de documents, par exemple quand on sort de la maternité mais après on oublie un peu. Donc l’idée, c’est de faciliter l’ancrage de ce qu’on dit.

– D’accord. Donc, j’ai relevé un petit peu les modules qui sont accessibles actuellement. On a le premier module : alimentation et santé. Ensuite un deuxième module : éduquer nos enfants aux goûts. Un troisième : bien nourrir son bébé. Un quatrième : réussir la diversification. Un cinquième : recommandations au moment des repas. Et un sixième : des recettes. Donc, c’est des choses qui sont vraiment très pratiques. Et chaque module dure à peu près une demi-heure, c’est ça ?

– Oui, chaque module dure à peu près une demi-heure. Il y en a des plus ou moins longs, celui qui sur tous les repères nutritionnels sera peut-être un petit peu. Aussi celui sur comment réussir la diversification alimentaire, mais après, on peut aller directement à la tranche d’âge qui nous intéresse. Sinon oui, c’est des modules qui sont de 20-30 minutes. Très orientés pratico-pratiques, conseils pratiques.

– D’accord. Qu’est-ce que vous proposez d’autres sur Édumiam ? J’ai cru comprendre qu’il y avait aussi une newsletter ?

– Oui alors, on a une newsletter où on envoie des conseils qui peuvent être personnalisés avec l’âge de l’enfant. Après, on a un guide pratique, soit à télécharger gratuitement sur le site en PDF, soit qu’on peut envoyer en version papier. Souvent, c’est des choses qui sont assez demandées au cours de salons parents – petite enfance. Des guides pratiques sur les repères qui ont été un peu travaillés avec de nombreux parents, pour ne pas faire un guide très long mais justement que des fiches récapitulatives essentielles, qu’on peut mettre sur le frigidaire ou à partager avec la nounou, la baby-sitter, les grands-parents, pour que tout le monde soit aligné sur les mêmes repères.

Des conseils qui sont adaptés à tous les profils : alimentation végane, bio, DME, pas le temps de cuisiner…

– D’accord super. Est-ce que les conseils que vous donnez sont aussi adaptés pour les mamans qui n’ont pas le temps de faire à manger ou celles qui vont avoir une alimentation un petit peu spéciale, végane, bio ou qui vont pratiquer la diversification menée par l’enfant ?

– Alors, dans les conseils d’Édumiam, il y a tout ce qui est la base sur les repères nutritionnels ainsi que comment réagir en cas de comportement difficile ou comment éduquer au goût. Et donc ça s’applique à tout le monde, qu’on donne des petits pots si l’on n’a pas le temps de préparer, qu’on veuille que tout soit bio ou qu’on soit végétarien.  Voilà, c’est les recommandations officielles, les trucs et astuces, les bonnes pratiques. Sur ça, quel que soit ce qui est dans l’assiette, cela s’applique. Peut-être à l’expression des régimes végétaliens et végans, qui, d’après les recommandations officielles de nos experts, ne sont clairement pas recommandés au cours de la petite enfance. Donc ça, je pense que les rares parents qui pratiquent ce type de régime pour leur bébé se renseigneront plutôt ailleurs. Mais, pour les autres, pas de soucis.

Chez Édumiam, on a vraiment à cœur de ne pas donner des leçons, chacun fait comme il veut. On va dire qu’est-ce qui est bien et qu’est-ce qui peut être négatif par exemple pour la diversification menée par l’enfant ou en cas de régime végétarien, à quoi il faut faire attention et quel complément il faudra apporter ou des choses comme ça. Mais, de toutes façons, chaque parent fait comme il souhaite. On n’essaie pas d’avoir qu’une seule façon de faire.

Des conseils lorsqu’on achète des petits pots ?

– D’accord. Si on décide d’acheter des aliments tout préparés, le fait de choisir des produits spécialement conçus pour les moins de trois ans, normalement, il n’y a pas de souci au niveau de tout ce qui est pesticides, colorants, conservateurs, etc. ? Si, je ne me trompe pas la réglementation française est quand même assez stricte à ce niveau-là.

– Oui, c’est tout à fait vrai. La réglementation européenne est extrêmement stricte dans l’alimentation du tout petit, le 0-3 ans. D’ailleurs il y a un petit signe pour l’alimentation des 0-3 ans sur les produits industriels : les petits pots, les petits gâteaux, etc. Et en réalité, même, certains vous diront que même les produits qui ne sont pas labellisés bios dans la petite enfance respectent des règles aussi strictes que le bio pour adulte. Parce que le taux de pesticides, de nitrites, etc. pour la petite enfance est extrêmement réglementé. Donc ça, en soit, il n’y a vraiment aucun soucis à se faire. Après, nous, chez Édumiam, on recommande même de donner de temps en temps des petits pots. Si idéalement, on peut cuisiner. Mais une fois de temps en temps, il y a aussi l’avantage, c’est un petit peu un truc et astuce, que si jamais on est coincé dans le train ou lors d’un trajet ou quelque chose, si on doit en acheter en urgence, notre bébé ne nous le refuse pas parce qu’il n’a jamais été habitué à cette texture qui est quand même un petit peu différente. Après, on voit aussi des cas, complètement contraires ou extrêmes qui diront « moi je n’achète que des petits pots parce que je suis sûr que c’est bien, car la réglementation est tellement stricte que c’est presque mieux fait que ce que je ferais à la maison ». Donc ça non. Ce n’est quand même pas forcément le même goût dans les petits pots. L’idée, c’est vraiment, si on doit faire du petit pot, ne pas faire que ça. Et si on fait que du fait maison, une fois de temps en temps de proposer un petit pot pour qu’il puisse connaître cette texture, ça n’est pas grave.

– Oui après c’est vrai que dans les petits pots, en général, c’est difficile d’avoir, un seul aliment. Et même souvent, l’aliment principal, c’est rare qu’il soit à plus de 50% parce qu’on rajoute, notamment, de la pomme de terre qui n’est pas chère.

– Oui voilà. Non, mais c’est ça il ne faut pas du tout faire que ça. Après il y a maintenant des petites marques qui essayent de faire du mono-produit. Mais de toutes façons, il n’y a rien de mieux que de faire goûter en faisant les purées soi-même, si on peut. Après, tous les parents ne peuvent pas faire tous les repas eux-mêmes, donc c’est vraiment en fonction de ce que chacun peut faire pour son enfant.

– Oui, bien-sûr et puis comme vous le disiez, c’est quand même important de leur proposer quand même, de toutes façons, une fois de temps en temps, un petit pot tout préparé. Donc, pour vous faciliter la vie, j’ai fait quelques recherches et je mettrai dans la description de cet épisode, des liens vers des petits pots qui ne contiennent qu’un seul ingrédient.

Blédina carottes bio
Babybio patates douces bio
Blédina petits pois bio
Babybio panais bio
Yooji carottes bio
Babybio poires bio
Blédina pommes

Quelques recommandations sur la diversification alimentaire bébé que vous ne savez peut-être pas

Et quelles sont par exemple, les choses qu’on pourrait apprendre et qu’en général, on ne sait pas, en allant sur votre formation, pour nous donner envie d’aller creuser là-dedans ?

– Très bonne question. Saviez-vous qu’il ne faut pas donner du miel à un enfant de moins de 12 mois, que l’abeille transporte des bactéries à l’origine de la maladie du botulisme qui est dangereuse pour un nourrisson dont le système immunitaire n’est pas en mesure de combattre ces bactéries ?

Ou alors, saviez-vous qu’il est important de donner du lait infantile jusqu’aux trois ans de l’enfant parce qu’il est enrichi en fer et que ce serait presque impossible de combler ses besoins en fer avec des épinards, de la viande ou autre chose dans l’alimentation ?

Et pour donner peut-être un autre exemple, saviez-vous qu’il est important de rajouter de la matière grasse, par exemple du beurre ou de l’huile végétale, dès les premières purées pour le développement du cerveau ? Et bien, je pense que la majorité des jeunes parents ne savent pas toutes ces informations.

L’alimentation bébé, c’est aussi l’éducation à tous les sens

– Tout à fait oui. Moi, j’avoue que j’ai été faire un tour sur vos formations avant, donc j’avais effectivement vue tout ça, et puis, je trouve l’approche très intéressante aussi notamment de dire que nourrir son enfant, ce n’est pas uniquement le goût, c’est aussi la vue, l’odorat, l’ouïe, le toucher. Ça c’est aussi une approche, malheureusement dont on ne parle pas assez. Et que je trouve super intéressant aussi.

– C’est vrai qu’il y a un véritable éveil des sens. On peut apprendre énormément autour de l’alimentation. C’est éveiller tous les sens, et c’est effectivement des bonnes pratiques ou des idées de jeux ou d’activités à faire autour du repas. Au moment du repas ou avant ou après, mais autour de l’alimentation pour, là encore, éduquer au goût, faire qu’il y ait toute une notion de plaisir qui se développe autour de l’alimentation, et pas juste, de besoins nutritionnels.

Quelles sont les erreurs à éviter lorsqu’on donne à manger à son enfant ?

– Justement, par rapport à ça, au niveau des comportements, de ce que l’on fait, des erreurs qu’on peut faire, quand on donne à manger à son enfant, qu’est-ce qu’on fait le plus souvent par exemple, s’il ne veut pas manger son assiette ?

– Alors, ça c’est une superbe question. Et j’espère que vous avez appris ou qu’il y a des trucs qui vous ont intéressé dans la formation, vous pourriez peut-être nous en partager. Mais, je pense qu’il y a énormément de choses, et c’est ça qui fait que le sujet de l’alimentation est vraiment très, très riche. Parce qu’il y a énormément de comportements qu’on fait par habitude, par éducation, par manque de temps ou quoi que ce soit, qui ne sont pas les plus adaptés pour développer le goût de l’enfant ou le faire prendre ses bonnes habitudes alimentaires dès le plus jeune âge.

Par exemple, forcer tout-petit à finir son assiette : au début, l’enfant a une très forte capacité d’auto-régulation, bien plus que l’adulte. Et donc, il sait quand il n’a plus faim et ça varie. Donc il n’y a pas besoin de le forcer à finir. Donc il ne faut pas regarder les quantités au pied de la lettre, mais voilà, s’il mange un peu moins un repas, il mangera peut-être plus à un suivant et il sait. Cela ne sert à rien de créer ce stress autour de l’obligation de finir une assiette.

Un autre, exemple pourrait être de montrer que l’on n’aime pas un aliment. Par exemple, donner des épinards, à un enfant, aussi petit soit-il, en disant « miam, miam-miam des épinards ! », mais en se bouchant le nez de dégoût, ça ne donne pas du tout envie à l’enfant. Le bébé comprend, intériorise le fait que ça va être mauvais et ça lui donne déjà une mauvaise impression de l’aliment.

Et enfin, un dernier comportement qui est vraiment à ne pas sous-estimer, c’est la persévérance. C’est-à-dire que parfois, on peut ne pas persévérer pour plein de différentes raisons. Par exemple, on sait aujourd’hui qu’il faut parfois présenter jusqu’à 10 fois un même aliment à un enfant pour qu’il le goûte. Ce n’est pas parce qu’il refuse trois fois des brocolis qu’il n’aime pas ça. Ça peut être frustrant, parce qu’on n’a préparé les brocolis et qu’il n’a pas touché son assiette. Et voilà, il faudra faire pour les grands, des pâtes aux brocolis ou je ne sais pas. Mais voilà, il faut continuer à lui en proposer de temps en temps et je vous dis jusqu’à potentiellement 10 fois, voire même 12 fois, pour vraiment savoir, s’il n’aime pas. C’est quelque chose de frustrant, très désagréable, quand on a préparé avec amour son assiette, et il n’en veut pas. Mais il faut continuer à persévérer. Notamment, à partir de 18 mois, il peut être davantage attiré par les pâtes, les pommes de terre, tout ce qui est assez dense et peut-être avec des goûts moins prononcés, c’est cette fameuse période où il refuse beaucoup d’aliments, mais, il faut continuer à lui présenter régulièrement des légumes, même s’il les mange moins, il faut continuer à lui montrer parce que c’est cette exposition répétée avec une diversité des légumes qui fera que, quand il quittera cette période où il est moins attiré par ces aliments, il aura envie d’en reprendre plus tard.

L’aversion à la nouveauté, c’est quoi ? Comment l’éviter ?

– C’est l’aversion à la nouveauté, qui arrive vers 18 mois, c’est ça ?

– Oui, aux alentours, de 18 mois – 2 ans, ça dépend des enfants et qui va souvent jusqu’à 4 ans, mais qui peut aller jusqu’à 7 ans chez certains enfants. Mais vraiment, les habitudes qu’on aura fait prendre et la manière dont on aura géré l’alimentation du tout-petit, donc avant 18 mois, auront un impact sur la néophobie alimentaire, donc cette fameuse période du refus de la nouveauté et des aliments de manière générale à part, les pâtes, le pain, les pommes de terre, etc., vraiment on peut faciliter cette période, ça participe à faciliter cette période. Et en tous cas, à ce que, après cette période qui arrive à 75% des enfants, ils reprennent le goût des légumes, des fruits, etc…

– Hmm, donc pour éviter, au maximum ça, l’idée c’est de proposer le plus de variété possible avant 18 mois.

– Exactement.

– Et je voulais revenir aussi sur ce que vous disiez au départ par rapport aux comportements, cette capacité d’auto-régulation qu’a l’enfant, c’est vrai que ce n’est pas du tout connu. Donc l’enfant l’a naturellement, et finalement il va la perdre autour de 1 – 2 ans, parce qu’on va lui proposer un petit bout de pain, un autre petit truc à manger, et il ne va plus être à l’écoute de ses sensations corporelles, c’est ça ?

– Oui, c’est ça, il y a cette capacité qui part un peu, mais plus on l’écoute dès le début, plus il aura tendance à continuer à avoir cette capacité, mais de manière générale, de toutes façons ça s’amoindrit après.

– Mmm. Ok. Et par rapport à ce que vous disiez juste avant aussi, c’est vrai qu’on a toujours tendance en tant que parent à  vouloir se forcer pour faire le mieux pour son enfant, notamment par exemple lui donner des épinards en lui faisant croire qu’on n’aime pas ça, oui de façon générale, que ce soit se forcer pour lui donner à manger ou se forcer pour faire qu’on n’aime pas avec lui, en général, ce n’est pas du tout recommandé…

– Oui. Dans ce cas-là, le mieux, c’est si le papa aime ça, c’est le papa qui le donne.

– Voilà, c’est plus simple.

Mais bien sûr, chaque enfant est différent

– Et ce que j’apprécie aussi dans vos formations, c’est que vous dites toujours, c’est important de le souligner, bon il y a les repères, les âges, qui sont quand même assez précis, mais c’est à adapter en fonction de chaque enfant et de chaque moment même de chaque jour, puisqu’un enfant peut parfois manger beaucoup et puis le lendemain peut-être qu’il a un peu moins faim ou en terme de quantité, c’est important de s’adapter, de ne pas prendre tout ce qui est écrit au pied de la lettre, et d’avoir un peu de flexibilité

– Oui, oui. Chacun son rythme. Ce qui est important, c’est de suivre la courbe de croissance avec le pédiatre ou le généraliste qui suit l’enfant, parce qu’effectivement ça donne des repères. Mais chaque enfant a son propre rythme. Ça va dans l’alimentation mais dans toutes les autres catégories de développement. Mais c’est vrai que c’est important à souligner vous avez raison.

– Ok, ben super. Je pense qu’on arrive à la fin de cet entretien. Peut-être qu’il y a une question que je n’ai pas posée à laquelle vous auriez voulu répondre ?

– Non, je ne crois pas. J’ai trouvé cette interview très complète. Merci beaucoup. Et bravo à ce que vous faites.

– Ben merci à vous.

– Ben de rien, non mais c’est sincère, je pense qu’on est alignées l’importance d’accompagner un maximum de parents, même si c’est différents moyens de le faire.

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